Adeptes des plans à plusieurs, des sorties en bande et tablées entre copines, soufflez. Désormais festoyer en groupe dans l’art du bien manger semble être rentré dans les mœurs.

ORGIE AU COUVENT LE HIBOU

Affluence générale au carrefour de l’Odéon, où la terrasse noire du Hibou attire depuis un an toute la faune de Saint-Germain. Dînette à plusieurs –jusqu’à 15-20– dans la salle à manger bourgeoise à l’étage, ambiance début de xxe siècle, éclairée au chandelier avec bonnes sœurs dans le décor, photos de famille, chouettes hulottes et doux velours. Service pro en mode Men in Black, pas d’extase en cuisine mais des classiques qui passent (carpaccio, homard et frites fraîches, noix de Saint-Jacques) et en prime la privatisation du bar possible, avec cocktails de pointes mixés à la tequila et cigare en chocolat à la carte.

Le Hibou 16, carrefour de l’Odéon, Paris 6. Ticket moyen : 35€. Table sur réservation.

GROSSES BOURSES YEEELS

 

L’avenue George V voit sortir les dollars. Ceux de Benjamin Artis (ex-l’Arc) et Rodophe Parante au décor, transformant l’ex-Findi en resto club qui claque. D’abord descendre les marches, grandioses, puis on tombe sur une salle flanquée de miroirs, de marbre, un bar brillant dans l’onyx aimantant toutes les filles des palaces, des salons au mobilier luxe, et une table d’hôtes – la Black Rroom – fichue comme un catwalk faisant se percher jusqu’à vingt personnes. Bling mais de bon goût, au service irréprochable (bombes sur talons de 12, entre autres), cuisine à la mode (Black Angus, Black Code…) et qui se tient. Option de fin de nuit: siffler les cocktails de Benjamin Chiche (ex-Carmen et Dépanneur) ou dernier verre au fumoir graffé par le street-artist Alec Monopoly, un mix barré de pop art à la gloire de Diana, d’Angelina, d’Amanda et des autres.

Yeeels 24, avenue George-V, Paris 8e. Ticket moyen : 80€. Table d’hôte sur réservation.

MELTING POTES HOMIES

 

Ne pas se fier aux apparences. La table d’hôtes en sous-sol montée sur chaînes et les proverbes de Dodo la Saumur à l’entrée – « Il y a quelque chose de bon en toutes femmes mais il faut l’introduire soi- même » pourrait rameuter tous les vicelards du quartier. Que nenni. Chez Homies, bonne planque du village Saint-Paul, la cuisine péruvienne de Axel sort des tapas de rêve dans un cadre de bistrot industrialo-berlinois riquiqui mais costaud. À la carte, du ceviche à gogo, pimenté en version macho et préparé comme à Lima, un poulpe sauté aux fruits de la passion à faire saliver tout le monde, un Mc & Cheese au top, et un « Jack Chirac » à siroter en cocktail maison, reboosté au Calvados et à la coriandre. La bonne tronche du patron made in Saint-Trop’ et l’addition honnête fait revenir à l’apéro tous les soirs.

Homies 26, rue Beautreillis, Paris 4. Ticket moyen : 30€. Table sur réservation.

ET AUSSI L’AMOUR À L’ITALIENNE OBER MAMMA

Deux restos ouverts en trois mois à Paris, le troisième dans le Lubéron, et des foules massées à l’entrée, voilà débarqué l’USS Enterprise Big Mamma. Le pitch: des businessmans à la pelle –l’ex PDG de My Major Company, un fils d’hôtelier, les boss du groupe Sandro, l’entrepreneur Stéphane Courbit–, des stars du design british (Martin Brudnisky et Alexander Waterworth) prêts à transformer Paris en parc d’attraction, et une cuisine italienne fraîche et simple, pour régaler tout le monde. Dernier né à Oberkampf, dans le no man’s land du Food (à l’exception du restaurant de Pierre-Sang), un ancien magasin de perruques à la gloire de Mamma où l’accent rital surjoué finit par devenir casse-pied, et un premier service à 19h30 enquiquinant tout le monde… Bien vu en revanche, le comptoir pour l’aperitivo, une table sous les arbres pouvant caser jusqu’à 12 lurons et un concentré de jolies filles à saouler au Spritz.

 Ober-Mamma- 107, boulevard Richard Lenoir, Paris 11. Ticket moyen : 30€. Table sur réservation.

Source: luimagazine.fr