RENCONTRE AVEC
COUCOU SUZETTE


 

Juliette est la créatrice de la marque à l'univers pop et sexy Coucou Suzette.
Elle nous propose sur son site des créations sexy, rigolotes et uniques !
Aujourd'hui, Juliette partage avec nous son rapport à son corps
et les moyens pour l’accepter plus encore.

 

Juliette Mallet

 

« Pourriez-vous vous mettre devant un miroir ? »
« Oula d’accord ok ! Ça y est (rires) »

 

« Pourriez-vous nous décrire ce que vous y voyez ? »
« De larges épaules (rires). Hmmm, bah j’y vois une femme qui fait à peu près la trentaine. Une tête un peu pas réveillée (rires). Et puis qu’est-ce que j’y vois d'autres… c’est difficile comme question dis donc… bah moi je me sens bien dans mon corps, depuis peu je mets des vêtements un peu moins moulants, et j’ai l’impression
que ça y participe aussi. J’ai l’impression que plus on met des trucs serrés, plus
on se sent à l’étroit dedans, alors que non.

 

Depuis quelques années, j’ai commencé à porter des vêtements qui me vont mieux.
J’ai mieux compris les formes qui marchent et celles qui ne marchent pas du tout
avec moi (rires). Je vois aussi que j’ai une belle peau parce que j’ai arrêté de mettre
de la crème, j’ai l’impression que c’est une solution miracle, moins on en met, moins
on en a besoin. En revanche je vois aussi un cheveux blanc sur cinq et ça c’est
un peu le truc que je n’aime pas. Donc voilà, je vois des trucs que j’aime bien et
des trucs que j’aime moins. »

 

 

« Quelle relation entretenez-vous avec votre corps ? »
« Dans l’ensemble je l’aime bien. Je me rends compte que l’ensemble change un peu avec l’âge et ça me va. Je ne fais pas trop de régime, je fais attention à ce que je mange dans le sens où j’essaie de manger des fruits et des légumes chaque jour. Mais sinon
je mange une à deux pâtisseries par jour, du fromage tout le temps. Je n’ai jamais fait
de régime, enfin si mais je n’aime pas ça. Ça ne me va pas du tout. Je préfère manger
et avoir un peu de ventre et aimer ma vie (rires). »

 

« Quelle est la partie de ton corps qui vous rend unique ? »
« Je pense que ce sont mes cicatrices. J’ai des cicatrices parce que j’ai eu un accident
de voiture quand j’avais dix huit ans. J’étais en scooter et on s’est fait renversé.
Ça a été un accident horrible, des gens qui nous ont renversés et qui sont ensuite partis. J’ai été plusieurs mois en fauteuil roulant, j’ai eu la jambe cassée en haut et en bas,
le coude également. Cet accident m’a détruite mais j’ai dû me reconstruire après ça.
J’ai une grande cicatrice le long de la hanche droite, et c’est marrant parce qu’évidemment je n’ai pas aimé avoir cet accident, mais quand j’y repense je n’ai
pas envie d’enlever cette cicatrice, c’est aussi la preuve que c’est bien arrivé. »

 

 

« Est-ce que votre corps vous appartient ? »
« Oui, et j’ai plutôt confiance en lui. C’est bizarre, je ne le vois pas tout à fait
comme moi, je le vois presque comme quelqu’un qui est avec moi (rires). Donc oui
il m’appartient, mais j’ai un peu de mal à me dire que c’est moi. Je suis plutôt là à me dire qu’il est sympa et qu’il va dans le bon sens pour le moment (rires). C’est plutôt comme un allié, que vraiment moi. »

 

« Qu'est-ce qui pourrait vous aider à l’accepter plus encore ? »
« Je dirai de mieux le comprendre, parce qu’il y a encore des trucs que je n’arrive
pas à maîtriser. J’ai mal au dos, je n’arrive pas trop à rectifier ça. Je pense que je
ne suis pas totalement en phase avec lui. Et d’ailleurs, je sais que c’est un peu la mode
du yoga et je sais le bien fou que ça m’a fait. Le sport à la base ça m’ennuie pas mal,
je ne suis pas du tout sportive. Et je me suis un peu forcée à m’inscrire au yoga et
ça a tout changé ! Ensuite quand il y a eu le confinement et que j’ai arrêté d’un coup, j’ai de nouveau eu mal au dos, comme si ça m’avait re-rouillé. »

 

 

« Quel est le déclic qui vous a poussé à prendre soin de vous ? »
« Je crois que je l’ai toujours un peu fait. J’ai toujours trouvé ça important de se
sentir bien quand on est dans la rue. Je pense qu’on a tous besoin, plus ou moins,
d’être validé par les autres, pas que par nous. Ça a toujours été important pour moi
de prendre soin de moi, je ne pense pas que j’ai eu un déclic, je l’ai toujours fait.
Je sais que ma mère était contente d’avoir une fille, elle me mettait des petits trucs
pour que je me sente jolie, des petits habits ou quoi (rires).

 

Du coup j’ai toujours été coquette. Parfois j'aimerais m’en moquer un peu plus.
Non mais c’est vrai, comme ce truc des filtres sur Instagram, j’ai du mal à ne pas
en mettre. Des filtres légers mais quand même, je me sens mieux avec un filtre
et je n’aime pas cette idée, je n’aime pas du tout. J’aimerais bien avoir un peu
plus de recul. »

 

« Quel est votre mantra de vie ? »
« Ah ! Moi c’est un peu les Spice Girls quand j’avais dix ans qui disaient “Girl Power”. Non seulement elles disaient “Girl Power”, mais elles disaient surtout, je me souviens
je crois que c’était Geri Halliwell qui disait en gros en anglais : “Qui ne tente rien
n’a rien”, quelque chose comme ça. Du coup, au lieu de penser pendant dix huit ans
à faire quelque chose qui nous attire, c’est plutôt se lancer à le faire, et puis voir
ce que ça donne. Et puis si ça ne va pas, on s’ajuste.

 

Puis parfois on se rend compte qu’on pensait que ça nous plairait, et qu’en fait ça
ne nous plait pas. Faire les choses plutôt que d’y penser pendant dix huit ans, tenter
le coup ! La vie ce n’est que des risques, si on reste chez soi, les gens ne vont pas
venir toquer ! À un moment, il faut prendre la décision de se lancer. »

 

« Merci Juliette ! »