RENCONTRE AVEC
MARION C. CONSEIL IMAGE

« S’autoriser à prendre soin de soi,
à se sentir belle, c’est souvent difficile quand on a perdu confiance en soi. Marion est conseillère en image certifiée à Paris. Plus qu’un simple relooking ou du conseil en image classique, Marion accompagne avec empathie, bienveillance et technique pour sublimer et révéler votre vraie beauté. »

 

Juliette Mallet

 

« Pourriez-vous vous mettre devant
un miroir ? Pourriez-vous nous décrire ce que vous y voyez ? »
« Alors qu’est-ce que j’y vois ? Déjà
je me vois moi. C’est difficile, j’avoue que je ne fais jamais cet exercice pour moi-même. Je dirai que je vois une femme qui changé notamment au cours des derniers mois. Il faut savoir que je suis devenue maman il y a dix mois maintenant avec les modifications
que ça peut comprendre. Mon visage
a changé et j’ai changé, tout a un peu changé je pense. Et du coup je me vois
en transition. Finalement, si on doit partir sur du positif je dirai que je m’en sors beaucoup mieux que ce que je pensais (rires). Par exemple, ce matin, je me suis maquillée, alors que je télétravaille aujourd’hui et que je m’occupe de ma fille en même temps. Je m’oblige à faire ça parce que c’est important de se voir belle. C’est uniquement pour moi, parce qu’aujourd’hui je n’aurai pas de regards extérieurs. C’est important pour moi de prendre soin de moi.
On oublie que prendre soin de soi ce
n’est pas que de l’apparence c’est aussi prendre du temps pour soi et de se faire du bien. J’essaie de me dégager du temps même si ce n’est que quelques secondes pour me maquiller dans le miroir. Je pense que quand on se sent bien dans sa peau, ça donne nous donne beaucoup
plus d’impact, et même à distance ! Je
le recommande souvent à mes clientes,
le fait de se maquiller et de s’habiller même quand on est en télétravail va nous donner beaucoup plus de confiance en nous. Donc voilà ce que je vois dans le miroir, une femme qui est maintenant maman avec des changements physiques, des changements internes. Finalement, une harmonie qui me plait bien. »

 

Juliette Mallet

 

« Quelle relation entretenez-vous
avec votre corps ? »
« Une relation conflictuelle. En me replongeant dans d’anciennes photos, mon corps ne m’a jamais complètement plus alors qu’il a beaucoup changé au cours des années. Le fait d’avoir beaucoup, pendant ma grossesse j’ai
pris 25 kilos, donc je suis passée d’une taille 38 à une taille 42 pendant et après ma grossesse.

 

Après l’accouchement, j’ai continué
à porter des vêtements de grossesse. Forcément, au niveau de mon ventre je
ne dégonflais pas et je ne pouvais rien porter d'autre. Ça a été dur pour le moral. Porter des vêtements de grossesse quand on n’est pas enceinte ça m’a atteint personnellement au départ. Ensuite
j’ai lâché prise, je me suis dis de toute manière mon corps il est comme ça. Il y
a des jours où ça va et je vis bien avec moi-même. Mais je ne l’ai jamais autant mal vécu que depuis que je suis devenue maman. Mon corps a pris 25 kilos
d’un coup, il a beaucoup changé. J’ai
eu beaucoup de mal à me voir dans un
miroir et à l'accepter. »

 

Juliette Mallet

 

En ce moment j’ai reperdu, j’essaie
de faire attention. Et justement ce que
ça m’a apporté par rapport à mon corps au-delà de l’apparence, je fais attention pour le côté santé. J’ai pris conscience que mon corps, que notre corps notamment en tant que femme, il fait beaucoup de chose pour nous et on ne sent rend plus compte. Le fait même
de donner la vie, c’est énorme. Si
c’était à refaire je le ferai 100 fois et je reprendrais 50 kilos s’il le faut, je ne regrette rien. Mais je me rend compte qu’on a beaucoup de cap à passer, que celui là en étant aussi un potentiellement pour une femme qui désire et peut être maman.
Aujourd’hui j’essaie de faire plus attention à moi mais plus vis à vis de moi même avant tout pour être en bonne santé et avoir de l’énergie. Un autre constat,
en devenant maman et en étant à mon compte, j’ai plus du tout de temps pour moi. J’ai donc pris conscience qu’il était important de prendre soin de moi et de capitaliser sur mon énergie.
L’énergie n’est pas illimitée, j’ai donc réfléchi à un plan d’action de comment faire pour avoir un maximum d’énergie au quotidien et ça passait forcément par l’alimentation et le fait de manger de bonnes choses. Naturellement, mon corps à rechanger (rires). J’apprends à cohabiter avec qui je suis, mes imperfections.
Mais je sais que je suis encore très dure avec moi et le regard bienveillant que
j’ai vis à vis de mon entourage ou mes clientes j’ai du mal à le positionner sur moi. Il y a des jours où ça va aller et des jours où on a l’impression que rien ne nous va. Il faut accepter l’un et l’autre. »

 

Juliette Mallet

 

« Quelle est la partie de votre corps
qui vous rend unique ? »
« Je dirai mes yeux, non pas que je
les aime particulièrement ou pas. C’est juste que ça me rend unique car j’ai un petit peu les yeux en amandes parce
que mon père est vietnamien. Certaines personnes le perçoivent. Un truc rigolo, c’est que ma fille en a hérité car elle a aussi les yeux légèrement en amande.
On sent les gènes asiatiques et j’en suis fière. Ça m’a toujours rendu différente. Maintenant j’ai 36 ans, et il y a 30 ans
à l’école, il y avait moins de diversité. J’étais la seule métisse, ce qui paraît aujourd’hui dingue.
Les gens me trouvaient différentes, et
je n’aimais pas ça. Quand on est jeune,
on a envie de ressembler à tout le monde. Petit à petit, plus j’ai vieilli, plus je me suis rendu compte que c’était une force. On a commencé à me dire que j’avais
de la chance d’être métissée, d’avoir un père asiatique et une mère française. et aujourd’hui je suis contente parce que
ma peau est un peu plus matte, mes yeux
sont un peu plus tirés… J’ai ces deux cultures dans le sang et ça se voit dans mon regard. »

 

Juliette Mallet

 

« Est-ce que votre corps
vous appartient ? »
« Oui, aujourd’hui je peux le dire.
Ça n’a pas toujours été le cas, justement je ne fais pas ce métier par hasard. Il y a encore quelques années, je pense que je manquais de confiance en moi et qu'en fait j’avais tendance, sans aucune prétention, à ne pas me rendre compte
de mes valeurs. Dans le sens où mon corps m’appartient et j’avais pas ce respect que celui que j’ai aujourd’hui pour moi. J’ai pris conscience de pleins de choses, dont notamment la force
que j’avais sous estimé à l’époque.
Il y a quelques années, on n’était pas
dans les mêmes mouvements qu’aujourd’hui. Par exemple, jeune ça ne me choquait pas qu’on me siffle dans la rue, ça me dérangeait qu’on me touche sans mon consentement mais je me rendais pas compte à quel point c’était grave. Alors qu’aujourd’hui je ne tolère pas un dixième de tout ce que j’ai pu vivre jusqu’à mes vingt ans. À cet âge là je n’avais pas conscience que mon corps m’appartenait mais aujourd’hui j'ai beaucoup plus de barrières et mon corps m’appartient. Qui je suis m’appartient,
et mes choix m’appartiennent. C’est beaucoup plus clair que ça ne l’a été
dans le passé, et je pense que ça, ça fait partie du cheminement de notre propre part et de la société. En tant que femme on apprend à valoriser qui on est, et que cela nous appartient avant toute chose. »

 

Juliette Mallet

 

« Qu'est-ce qui pourrait vous aider
à l’accepter plus encore ? »
« Aujourd’hui dans mon dressing, j’ai
dû me racheter des vêtements parce que toutes les pièces que j’avais avant ne me vont plus. Donc ce qui pourrait me faire accepter mon corps, ce serait de remettre mes vêtements. En fait, j’ai été vexé de
ne plus pouvoir mettre tous ces vêtements que j’ai achetés et aimés. Je ne peux pas me résigner à me dire ok c’est plus ma taille d’aujourd’hui ? J’ai vraiment à cœur de retrouver ma taille d’avant, avec mes formes. Je me sentais mieux comme ça. En ce moment, je fais beaucoup de sport, je mange mieux. J’ai appris à prendre soin de moi de l’intérieur. Je commence
à me sentir mieux, et je ne me pèse pas. Je ne suis pas orientée chiffre je m'en fous.
C’est un peu la question de l’acceptation complète de ce que l’on est au moment
où l’on est, qui m’a beaucoup aidé à me sentir mieux aujourd’hui malgré le fait que ma silhouette ait changé. Le fait d’accepter et d'arrêter de me dire que je ne m'aime pas. La vie m’a offert le plus beau cadeau, celui d’être maman. Donc j’accepte que les choses soient comme ça, mais je me permet aussi de changer demain si j’en ai envie. Tant qu’on résiste au chose on se fait du mal, du moment que l’on lâche prise potentiellement tout se débloque. Être dans le moment présent cela aide, ne pas regretter qui on était dans le passé et vouloir à tout prix vivre qui on sera dans le futur. »

 

Juliette Mallet

 

« Quel est le déclic qui vous a poussé
à prendre soin de vous ? »
« J’ai toujours pris soin de moi. Je me
fais des plaisirs souvent, me faire masser, prendre soin de ma peau. J’investis beaucoup d’argent dans des produits pour prendre soin de ma peau (rires). Et je l’ai toujours faite depuis toute petite. Ma maman était pharmacienne et j’avais beaucoup de produit de soin à la maison, et je n’ai jamais arrêtée. Si je devais donner un exemple récent où j’ai eu un déclic qu’il fallait que je prenne soin de moi, c’était durant cette année après ma grossesse. J’ai vu des photos, parce qu’on a pris pleins de photos forcément quand
il y a un nouveau bébé, les gens prennent pleins de photos. Et je suis tombée sur une photo qu'on a prise de ma fille et moi, je me suis vue et je me suis dit “mon dieu”. J’avais pas l’air en forme du tout, j’avais 20 kilos de plus, j’avais des cernes et je me suis dis ce n’est vraiment pas
la meilleure version de moi-même.
J’ai eu un petit choc, je n’aime pas du tout cette image là. Ce n’est pas ce que
je veux dégager et ce n’est pas ce que je veux être. Je me suis donc reprise en main. Je pense beaucoup à ma fille, mais je veux que ma fille n’est jamais cette image d’une mère qui se laisse aller, qu’elle soit toujours battante et qu’elle ait toujours envie elle de se prendre en main. Quand elle décide de quelque chose, elle y aille au bout. L’échec n’est pas une option. Je décide de me reprendre en main et j’y arrive. Aujourd’hui je décide de prendre du temps pour moi dès que j’en ai l'occasion, par exemple ce matin j’ai pris 5 minutes pour me maquiller. 5 minutes qui me font du bien pour le reste de la journée. »

 

Juliette Mallet

 

« Quel est votre mantra de vie ? »
« Je me dis toujours qu’il faut être dans
le moment présent, je me dis fais de ton mieux et ce sera déjà très bien. Si ton mieux d’aujourd’hui est moins bien que ton mieux qu’hier c’est pas grave. Je fais de mon mieux avec ce que j'ai aujourd'hui. Essayer de ne pas se juger, nous sommes beaucoup trop dur avec soi-même. Je ne suis pas parfaite, et je suis contente de ne pas l’être. Être authentique et lâcher prise. J’ai envie de dire à toutes les femmes arrêtez de vous maltraiter vous êtes parfaites comme vous êtes. Imparfaites vous êtes parfaites. »

 

« Merci Marion ! »